Mohamed Al Borgi, Brahim Naït Balk and me at HomoMicro

Situation des minorités sexuelles et de genre en Égypte

Ce lundi 26 février j’étais à HomoMicro en compagnie de Mohamed Al Borgi, co-fondateur de Rainbow Egypt, pour parler de la situation des minorités sexuelles et de genre dans son pays.

Cela fait six mois que le concert Mashrou Leila s’est déroulé au Caire et a engendré une vague d’arrestations d’une soixantaine d’hommes, femmes, trans ou cis, appartenant réellement ou non à une minorité sexuelle ou de genre.

L’égalité de traitement EI ou MSG

Dans cet entretien avec Mohamed, on apprend qu’il recherche l’asile en France. Il nous explique qu’il se sent plutôt bloqué car tout retour dans la capitale égyptienne l’emmènerait à la détention.

Selon le co-fondateur de Rainbow Egypt, les minorités sexuelles et de genre égyptiennes sont traitées au même titre que des membres de l’État islamique surtout depuis le concert de Mashrou Leila.

At RFPP for with Brahim Naït Balk and its HomoMicro's team and Mohamed Al Borgi, co-founder of Rainbow Egypt

Après ce concert et en l’espace de trois semaines, des médias et des citoyen.ne.s, plus particulièrement des internautes, dénoncent la sexualité supposée ou réelle d’Égyptien.ne.s. Des messages de haine et de crime se développent. Une soixantaine de personnes sont arrêtées, voire détenues par les forces de l’ordre. Mohamed, quant à lui, est recherché à cause d’une plainte déposée contre les co-fondateurs de son organisation.

95% des minorités sexuelles et de genre égyptiennes connaissent des violences et discriminations

Selon le dernier rapport de l’organisation egypto-soudanaise, Bedayaa, publié le 25 février 2018, 95% des minorités sexuelles et de genre d’Égypte ont connu des violences et des discriminations. 508 personnes ont été interrogées.

Bedaya en décembre 2017 a reçu le Prix des droits de l’Homme de la Commission nationales consultative des droits de l’Homme de la République française pour son travail auprès des minorités sexuelles et de genre en Égypte.

Des honneurs qui viennent deux mois après la visite du président Al-Sissi à l’Élysée*. Le président Emmanuel Macron avait notamment évincé le sujet des droits de l’Humanité, du moins publiquement.

Pourtant, et outre la vente d’armes, le gouvernement égyptien bafoue de nombreux droits et libertés fondamentaux à commencer par la liberté d’expression et de circulation des minorités sexuelles et de genre égyptiennes.

* Le prix de la CNCDH est un prix indépendant sans lien avec le gouvernement français.

Publié par

Michaël Cousin

Work with a profound interest in freedom issues. As one of my mentors told me: the world will be far more better when people will consider how multiple forms of power push us. For that reason, I am working on human rights.

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